Livres | Essais et journaux

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Pages d’Opium sur Mallarmé, Marcel Proust, Raymond Roussel.

Dans Opium, Cocteau mêle étroitement opium et création, s’interroge sur la nécessité de fumer pour bien travailler (« Je refumerai si mon travail le veut. Et si l’opium le veut »), mais parle aussi plus largement de l’auteur et de l’époque, de littérature et d’art (lectures, peintures, spectacles, films), de Mallarmé, de Proust ou de Raymond Roussel, de travaux et projets en cours, dont Les Enfants terribles, livre « mis en marche » et accouché au cours de la cure.

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« Il m’est impossible de me souvenir d’une première rencontre avec Proust. Notre bande l’a toujours traité en homme célèbre. Je le vois, avec une barbe, sur les banquettes rouges de Larue (1912). Je le vois, sans barbe, chez Mme Alphonse Daudet, harcelé par Jammes comme par un taon. Je le retrouve, mort, avec la barbe du commencement. Je le vois, avec et sans barbe, dans cette chambre de liège, de poussière et de fioles, soit couché, ganté, soit debout dans un cabinet de toilette d’affaire criminelle, boutonnant un gilet de velours sur un pauvre torse carré qui semblait contenir ses mécaniques, et mangeant, debout, des nouilles. »
(Jean Cocteau, Opium.)