Livres | Essais et journaux

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Opium paraît comme Le Livre blanc en 1930. Pour Jean Cocteau, les deux livres sont aussi des documents, l’un sur l’homosexualité, l’autre sur l’opium (grandeurs et misères), à travers le Journal d’une désintoxication.

Cocteau y insiste à plusieurs endroits : « Je verse des pièces à charge et à décharge au dossier du procès de l’opium » ; « Il importait de parler de l’opium sans gêne, sans littérature et sans aucune connaissance médicale » ; « Je souhaite que ce reportage trouve une place entre les brochures de médecine et la littérature de l’opium. »
Mais tandis que Le Livre blanc paraît sans nom d’auteur ni d’éditeur et feint de publier la vie d’un inconnu par lui-même, racontée sous l’angle limité de l’homosexualité, Opium, sur un sujet balisé déjà par une assez abondante littérature depuis Baudelaire, met Cocteau en scène dans sa vie et ses réflexions d’artiste.

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« Un des prodiges de l’opium est de changer instantanément une chambre inconnue en une chambre si familière, si pleine de souvenirs, qu’on pense l’avoir occupée toujours. Aucune blessure n’accompagne le départ des fumeurs, à cause de cette certitude que le mécanisme léger fonctionnera en une minute, n’importe où. »
(Jean Cocteau, Opium.)

« Un désintoxiqué garde en lui des défenses contre le toxique. S’il se réintoxique, ces défenses agissent et l’obligent à prendre des doses plus fortes que celles de sa première intoxication. »
(p. 122.)