L'auteur et son œuvre | Vie de l'œuvre

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« Théâtre et musique font bon ménage à Genève » : reportage illustré de photos prises au cours d’une répétition de L’Histoire du soldat et du Pauvre Matelot, dans la revue belge Les Beaux-Arts, n° 144, 21 décembre 1934.

En novembre 1934, Cocteau est à Genève pour mettre en scène Le Pauvre Matelot de Darius Milhaud, dont il a écrit le livret, et tenir le rôle du Lecteur dans L’Histoire du soldat de Ramuz, musique de Stravinski. Deux lettres à sa mère nous donnent les impressions (enthousiastes) de l’auteur :

« Maman chérie,
Si tu avais eu la radio tu aurais entendu hier soir notre grand succès. Salle comble et rappels interminables. J’ai dû saluer en scène après Le Pauvre Matelot et encore avec Ramuz après le Soldat. Ma lecture était une réussite. Je lisais du fond du cœur et cela se sentait. »
(Lettre à sa mère du 16 novembre 1934)

« Il est vrai que nous avons remporté une sorte de triomphe et tous les villages nous écoutaient à la T.S.F., ce qui fait qu’on me regarde avec un œil nouveau. (La salle criait : Cocteau ! Cocteau ! Et ils l’ont entendue avec les appareils). »
(Lettre suivante à sa mère, novembre 1934.)

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Auteur de ses pièces, Cocteau en est aussi de temps en temps un des acteurs. S’il joue Mercutio à la création de Roméo et Juliette en 1924, ou Heurtebise à la reprise d’Orphée en juin 1927, il a une prédilection pour les rôles de récitant, qui n’exigent pas une présence scénique trop forte, comme le Chœur dans Antigone en 1922 ou la Voix dans La Machine infernale en 1934. À partir de la fin des années trente, la radio, qui « absente » le corps, lui donne l’occasion d’être acteur-lecteur de plusieurs rôles dans des versions plus ou moins adaptées au micro de ses pièces, romans ou films.
Avant la guerre, il est Mercutio dans Roméo et Juliette (Paris P.T.T., 28 novembre 1937), la Voix (semble-t-il) puis Anubis dans La Machine infernale (Paris P.T.T., 7 juin 1937 ; Radio-Paris, 4 octobre 1938), le Chœur dans Œdipe-Roi et Antigone (Paris-Mondial, 14 février 1939).
Après la guerre, il joue Patrice dans L’Éternel Retour (Programme national, 5 avril 1945), Gérard dans Les Enfants terribles en remplacement de Jean Desailly tombé malade (Chaîne parisienne, 23 mars 1947) et Florent dans Les Monstres sacrés la même année (Chaîne parisienne, 9 octobre), Mercutio à nouveau dans Roméo et Juliette en 1949 (Chaîne nationale, 1er novembre).
En 1947, il joue aussi son propre rôle dans un petit impromptu écrit pour la radio, Miracle en quatre morceaux (Chaîne parisienne, 18 décembre).