L'auteur et son œuvre | Singularités

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Christian Bérard, l’ami décorateur, le peintre-poète. Voix : dans un hommage collectif diffusé sur la Chaîne Nationale le 20 février 1949, Cocteau décrit en chuchotant le décor des Fourberies de Scapin, auquel travaillait Christian Bérard au moment de sa mort.

On voit ici Bérard à deux moments différents de sa vie : à Venise, à la Malcontenta, en 1930, puis vers 1945, dans son appartement, rue Casimir Delavigne, à Paris. Louis Jouvet le décrit dans le programme de La Machine infernale (Comédie des Champs-Élysées).

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« C’était un ami de chaque minute et s’il s’éloignait d’une maison, c’est qu’elle ne flambait plus. Il adorait le feu », écrit Cocteau dans un hommage repris dans le recueil Mes monstres sacrés (1979). Et dans la préface à une exposition Bérard en 1960, à la galerie Lucie Weill : « Ses imaginations magnifiques, ses lignes, ses taches le prolongent. Bérard besognait sur des nappes, des menus, comme la nature se charge d’orner, n’importe où, les plantes et les bêtes. »
André Beaurepaire, autre décorateur de Cocteau, se souvient de leur première rencontre en 1945 : « Bébé — c’était le diminutif utilisé par ses amis — avec son mégot, sa petite chienne Hyacinthe sous le bras, couvert de peinture, magique, l’œil d’un bleu céleste, superbe » (dans Jean Cocteau et le Théâtre, Publications de Montpellier III, Montpellier, 2000).