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« Les charmants fantômes du linge »… « Vos jambes sont des poèmes »… « Bardot partout »…

Dans L’Illustration du 15 novembre 1930, des dessins publicitaires de Cocteau vantent les charmes des bas Kayser.
Quinze ans plus tard, c’est à la Journée nationale de la lingerie féminine, organisée à l’hôtel George V à Paris en 1955, qu’il apporte le prestige de son nom. Un bref texte de lui est reproduit en fac-similé, avec sa photographie, dans le dépliant qui tient lieu de programme du défilé.
Un peu plus tôt, en 1951, c’est à la Nuit de la chemiserie, à l’hôtel George V aussi, qu’il envoie quelques lignes religieusement reproduites dans le programme.
En 1960, dans Mylord, revue bimestrielle de mode masculine, il signe une publicité pour André Bardot, son tailleur et celui de Jean Marais, en jouant sur l’homonymie avec l’actrice et chanteuse bien connue Brigitte Bardot.

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Les publicités de mode masculine amènent à dire quelques mots de la manière dont Cocteau s’habille. Qu’il y ait chez lui une forme de dandysme n’est pas douteux. Introduit précocement dans les salons de l’aristocratie littéraire d’avant la Grande Guerre et dans le demi-monde des élégances parisiennes, il y contracte pour toute sa vie le goût très vif de la parure vestimentaire. Le style qu’il adopte, sans tapage ni outrance, pourrait être qualifié de classicisme outrepassé : parfaite rigueur du vêtement, col perpétuellement cravaté, chemise moulant le buste, pantalon tombant net (ce qui fit dire à Picasso, un jour d’avril 1944, que Cocteau était « né repassé » !). Mais cette netteté nécessaire à son élégance n’en est que la base : Cocteau modèle les vêtements que la mode lui apporte. Il dégage systématiquement les poignets de ses chemises et de ses vestes, par exemple, et affectionne les pantalons aux revers surpliés.