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Le dernier grand poème de Cocteau et le plus long (plus de quatre mille vers), commencé en 1959 au cours d’une maladie de plusieurs semaines, paraît chez Gallimard en 1962. Ci-dessus, un exemplaire relié de la réédition de 1983.

Jailli en janvier 1959 au cours d’une crise d’hémoptysie qui l’immobilise à Santo Sospir pendant plusieurs semaines, continué pendant les semaines de convalescence à Saint-Moritz (28 février – 17 mars), difficilement mis au net tant les notes manuscrites en étaient illisibles, repris et achevé en 1961, publié en mai 1962, ce « fleuve », ce « tunnel » (comme Cocteau désigne son poème) déroule le bilan d’une vie. D’abord écrit dans « un état second où l’inconscience l’emporte sur la conscience », il demande au lecteur de « ponctuer lui-même et saisir le fil sans lequel il se perdrait dans un labyrinthe verbal » (prière d’insérer).

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Dans la préface, Cocteau reconnaît à l’œuvre des « maladresses, faiblesses, platitudes, redites, mots mis où ils ne doivent pas l’être ». Mais il suggère aussi de voir peut-être dans ces « fautes » nées du mouvement de l’improvisation soumis « aux forces qui [l]e manœuvrent », son « moyen d’expression le plus vrai ».
Des fautes contrebalancées du reste par « une sévérité instinctive du rythme souvent octosyllabique » (dans les strophes proprement dites du poème, entrecoupées de « haltes » où l’alexandrin prédomine) et, « sans raison apparente, quelques rimes internes, à grande distance les unes des autres ».