Lettres et arts | Artistes

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Pochette du disque 33 tours du Bœuf sur le toit et de La Création du monde, direction Darius Milhaud, 1959. Partitions dédicacées par Darius Milhaud à Jean Cocteau, qui signe la préface du Bœuf sur le toit. Le Train bleu présenté dans la revue Tatler, n° 1227, 1924. Son : introduction du Bœuf sur le toit par l’Orchestre de Radio Luxembourg (1994).

« Comme le Fox trot d’Auric, les Cocardes de Poulenc et les pièces montées de Satie, Le Bœuf sur le toit est un merveilleux exemple de la musique nouvelle qui arrive après la musique à l’estompe : La musique à l’emporte-pièce… »
(Cocteau, Comœdia du 21 février 1920.)

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« Ce Bœuf sur le toit ! En a-t-il fait couler de l’encre. Or, on le devine, l’encre est faite avec l’eau noire du fleuve des morts. Elle vient d’avant nous et coule après nous. Par contre Darius Milhaud, le Brésil, Cendrars et les grosses fleurs multicolores de sa jungle, voilà des forces immédiates, vivantes, fraîches, qui versent de riches et superbes poisons. L’orchestre, la danse, la pantomime savent vaincre le mal d’écrire.
Paul Claudel, en revenant de son ambassade, m’apporta cette enseigne d’une auberge brésilienne. Pas plus étrange que “Le cheval vert” et “Le chien qui fume”. Seulement, jadis, notre moindre geste attirait la foudre et provoquait les scandales.
Pile et face, le présent disque vous conduira, les yeux baissés, dans un bar et dans la forêt des tropiques, parmi les monstres, les fauves et les clowns, au milieu de la violence du carnaval de notre jeunesse. »
(Jean Cocteau, plaquette du disque 33 tours Le Bœuf sur le toit.)