Spectacles | Musique et danse

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Deux pièces de la donation Lauretta Hugo : une enveloppe portant le titre de la pièce ; une maquette du costume de l’époux en soldat (gouache sur papier à dessin). Affiche du spectacle monté par Jacques Nichet au Théâtre des Treize Vents en 1995.

En juillet 1922 Jean Cocteau adapte une légende bien connue en Indochine pour en faire une petite pièce. Il demande une musique à Georges Auric, des costumes et décors à Jean Hugo avec l’intention de former un ensemble avec Le Pauvre matelot et de proposer le tout à Georges Pitoëff. Mais le projet ne se fait pas. Plus tard, le texte retrouvé sera publié à la rubrique « Théâtre de poche ».
Il faut attendre mars 1950 pour que la pièce soit créée par Sacha Pitoëff au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, où elle recevra un accueil poli. Jean Wiener avait composé la musique de scène.
En 1960 et 1961, Jean Richy présente à Paris trois pièces de Cocteau, qui s’investit dans le spectacle, sous le titre général de Théâtre forain : L’Épouse injustement soupçonnée, L’École des veuves et Le Pauvre Matelot. L’accueil est assez bon.
En 1995, le metteur en scène Jacques Nichet a l’idée de reprendre le fil ; il commande une musique à Valérie Stephan et compose un spectacle qui inclut des marionnettes pour mieux raconter l’histoire de ce mari parti à la guerre qui revient quatre ans plus tard et se croit trahi parce que son fils a pris l’habitude de considérer l’ombre de sa mère projetée par la lampe le soir sur la muraille comme celle de son père. Il chasse son épouse qui, désespérée, se jette dans le fleuve, et comprend trop tard sa méprise. Cet « opéra de poche » a été choisi pour inaugurer le 18 novembre 1996 le Théâtre des Abbesses à Paris.