L'auteur et son œuvre | Vie de l'œuvre

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« La Machine infernale pour vos oreilles », article publié dans Radio 47, 8 juin 1947, à l’occasion de la radiodiffusion de la pièce dans une réalisation de Mme Simone (Poste parisien, samedi 14 juin 1947). Voix : deuxième préface parlée de Jean Cocteau diffusée avant les représentations des Chevaliers de la Table ronde en 1937.

La préface parlée fait partie des exercices souvent pratiqués par Cocteau, qu’il s’agisse de prendre la parole avant un spectacle ou la projection d’un film, à l’inauguration d’une exposition, ou bien de diffuser en salle un texte enregistré, ou encore de présenter à la radio une œuvre ou son adaptation.

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L’habitude en est prise avec le spectacle-concert Le Bœuf sur le toit donné en février 1920, au cours duquel Cocteau parle deux fois : avant Cocardes (trois poèmes de lui mis en musique par Francis Poulenc et chantés par le ténor Koubitzky) et avant la farce qui donne son nom au programme. Ses nombreuses tournées à l’étranger dans les années quarante et cinquante seront l’occasion de multiplier ce genre de préface, qui peut prendre les dimensions d’une conférence.
Dans les années trente, Cocteau enregistre sur disque le rôle de la Voix dans La Machine infernale (1934), qui intervient au début de chaque acte et notamment en « prologue » de la pièce, depuis un haut-parleur caché dans les cintres, à la manière d’un récitant de pièce radiophonique. Pour Les Chevaliers de la Table ronde (pièce créée à Bruxelles le 8 octobre 1937, à Paris le 14 octobre), non seulement l’auteur lui consacre trois Articles de Paris (la chronique qu’il tient au même moment dans Ce Soir), mais il fait précéder les représentations d’un avertissement enregistré. Il s’agit d’abord d’éclaircir un peu le mystère du Graal et de « rappeler la féerie de notre enfance » au grand public, comme il s’agissait de lui rappeler qui est Œdipe en 1934. Mais cette première préface parlée est remplacée quinze jours plus tard par une autre plus polémique, dans laquelle Cocteau s’adresse directement aux spectateurs pour réagir à des critiques de presse (notamment un article de Robert Kemp dans Le Temps du 25 octobre critiquant les libertés prises par rapport à la matière bretonne) et justifier son décor. C’est l’enregistrement que nous faisons entendre.

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À partir de la fin des années trente, Cocteau préface et souvent dit lui-même au micro une dizaine de radiodiffusions (pièces, adaptations de films et romans, lectures). Il enregistre aussi quelques préfaces pour des films.
1937 : causerie avant l’audition de Roméo et Juliette, Paris-PTT, 28 novembre 1937 (Cocteau joue le rôle de Mercutio comme à la création en 1924).
1939 : présentation d’Antigone, Paris-Mondial, 14 février (Cocteau joue le rôle du Chœur).
1941 : avant-propos à La Machine à écrire, Radiodiffusion nationale, 3 mai (retransmission depuis le Théâtre des Arts-Hébertot où la pièce est créée le 29 avril).
1943 : avant-propos à La Machine infernale, Radiodiffusion nationale, 28 septembre (sous le pseudonyme de François Gravier).
1946 : hommage à Édith Piaf en introduction à l’audition du Bel indifférent, Chaîne parisienne, 2 juin.
1947 : préface à l’audition des Enfants terribles, Poste parisien, 23 mars (adaptation d’Agathe Mella ; Cocteau reprend le rôle de Gérard) ; préface à l’audition des Monstres sacrés, Chaîne parisienne, 9 octobre (Cocteau joue le rôle de Florent).
1948 : présentation des Parents terribles (pièce), Chaîne parisienne, 10 juillet (retransmission depuis le théâtre du Gymnase).
1949 : préface parlée au film Orphée (non reprise dans l’édition du scénario), présenté à Cannes hors compétition le 1er mars.
1952 : présentation d’Œdipus rex, Chaîne nationale, 19 mai, retransmission en direct du concert donné au Théâtre des Champs-Élysées par l’Orchestre national, dirigé par Igor Stravinski ; présentation du Chiffre Sept et lecture d’un extrait, Chaîne nationale, 1er décembre.
1954 : présentation de Roméo et Juliette, Chaîne nationale, 10 janvier.
1956 : avant-propos à l’audition du Cap de Bonne-Espérance dit par Jean Marchat, Chaîne nationale, 23 juin (rediffusion d’une émission du Club d’Essai en 1951).
1960 : préface et postface au Journal du Testament d’Orphée, de Roger Pillaudin, Paris Inter, six émissions entre le 6 janvier et le 10 février ; préface parlée au film Le Testament d’Orphée, sortie en salle le 10 février ; préface à une diffusion du deuxième acte de La Machine infernale sur le Home Service de la BBC, 11 mai.
1961 : préface à l’adaptation de Thomas l’imposteur par Jean-Jacques Kihm (France 3 national, 23 avril, réalisation d’Alain Trutat).
1962 : présentation de L’Impromptu du Palais-Royal, France 3 national, 30 avril.