Spectacles | Cinéma

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Dans l’intimité du tournage (photo André Dino).

Une amitié fatale.

Lorsque Cocteau collabora dans le cadre d’un film avec un réalisateur, les choses se gâtèrent souvent. Pour Le Baron fantôme, pour L’Éternel Retour, pour Les Enfants terribles, le poète, auteur des dialogues, du scénario, de l’adaptation et parfois des trois, se comporta, ouvertement ou souterrainement, en auteur complet. Il voulait, de toutes ses forces et avec les moyens efficaces que le désir inspire, que le film fût de lui, reléguant, parfois sans trop de délicatesse, les cinéastes en titre au rang de contributeurs plus ou moins méritants.
Avec Jean-Pierre Melville, il y eut véritablement une « affaire des Enfants terribles », une lutte d’abord feutrée, puis plus ouverte entre ces deux hommes qu’une admiration et une affection sincères avaient réunis. C’est parce que cette lutte est probablement le véritable auteur du film que son histoire n’est pas anecdotique : à travers elle, se lit la genèse d’une étrange création à deux têtes.

Voir à ce sujet l’article de Francis Ramirez et Christian Rolot, revue Europe, n° 894, octobre 2003.