Livres | Essais et journaux

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Couvertures de l’édition originale (Gallimard, Paris, 1949) et de la traduction anglaise (Peter Owen, Londres, 1956).

Maalesh : Journal d’une tournée de théâtre : du 7 mars au 16 mai 1949, Cocteau accompagne la « compagnie Jean Marais » dans sa tournée en Égypte (un mois et demi) et en Turquie (quinze jours), organisée par l’Office parisien du spectacle avec l’appui officiel du gouvernement français. Comme avant eux la troupe de Jean Marchat en 1947, leur mission est de contribuer à entretenir ou rétablir le prestige de la France à l’étranger. Au programme, trois pièces de Cocteau : La Machine infernale, Les Parents terribles, Les Monstres sacrés, ainsi que Britannicus de Racine, Huis Clos de Sartre, Léocadia d’Anouilh et Léonie est en avance de Feydeau.
Commencé le 20 février par un long hommage à Christian Bérard, l’auteur des décors et costumes de La Machine infernale, mort une semaine plus tôt, puis à Yvonne de Bray, créatrice du rôle d’Esther dans Les Monstres sacrés, le journal se prolonge jusqu’au 24 mai, date du retour de Cocteau à Paris, après une semaine de repos en Grèce.
L’auteur le destine « aux quelques fous qui se passionnent encore pour le travail des planches ». Il raconte des répétitions, des représentations réussies ou décevantes, les décors à changer ou adapter aux salles trop petites ou trop grandes, mais aussi les innombrables réceptions, conférences et séances de signatures. Des « notes en désordre », enroulées « autour d’une tournée de théâtre qui nous laisse peu de temps libre pour observer », évoquent aussi quelques excursions, visites de hauts lieux (les Pyramides de Gizeh et de Saqqarah, les temples de Karnak, les tombeaux de la Vallée des Rois, le temple d’Amon à Louxor) et plongées dans les villes du Caire, d’Alexandrie ou d’Istanbul.